Revue de Presse – 01er septembre 2019

L’immunité, c’est pas que les anticorps !
Le transfert immunitaire de la mère à l’enfant par l’allaitement est une source très importante de protection contre les infections précoces.
Jusqu’à présent, les scientifiques pensaient que ce transfert de protection était limité à la période d’allaitement, via les anticorps, et qu’il cessait avec le sevrage du bébé. Or une étude sud-africaine publiée dans la revue Science Advances vient de monter que ce n’est pas toujours le cas et que l’exposition maternelle aux helminthes (vers parasitaires) fournit également à la progéniture une immunité acquise à long terme.
En effet, des souriceaux nés de mères non infectés et adoptés dès la naissance par des mères préalablement infectées ont développé une meilleure immunité contre le parasite. L’air de rien, cette recherche pourrait faire vaciller la vaccinologie, cette pseudo-science basée sur la croyance en la toute puissance des anticorps.

Aïe, mon émail !

Pour contrer les effets négatifs, de la surconsommation de boissons sucrées, l’industrie propose des eaux minérales aromatisées et des sodas sucrés par des édulcorants. Afin de mesurer l’impact de ce changement sur l’émail dentaire, deux chercheuses polonaises ont utilisé des boissons de ce type ainsi que des solutions de xylitol, d’érythritol, de stevia, et de glucose-fructose. Résultat: les boissons comme les quatre édulcorants testés favorisent l’érosion de l’émail dentaire !
Ainsi, le xylitol, l’érythritol et le stevia, considérés comme des édulcorants sains, ne font-ils pas mieux que le sirop de glucose et fructose dont la toxicité dentaire est établie. La cause de ce phénomène serait que toutes ces boissons ont un pH trop acide.
A. Lewandowska, M. J. Kuras, dans International Journal of environment and Health, juin 2019

Hypertension

Alors que le vieillissement  peut déclencher une augmentation de la pression sanguine, une réduction du flux sanguin et de l’oxygène délivré aux muscles, une équipe de chercheurs a montré que ces troubles peuvent être améliorés par une supplémentation en jus de betterave, et ce de façon plus significative chez des personnes âgées de 50 à 70 ans que chez de jeunes adultes de 18 à 30 ans.
La betterave est riche en nitrates naturels (N03) convertis en nitrites par les bactéries de la bouche. Par la suite, ces derniers sont transformés en oxyde nitrique (NO) qui favorise une dilatation des vaisseaux sanguins à l’origine d’une baisse de la pression sanguine. Or, une plus grande augmentation des concentrations plasmatiques en nitrites a été observée chez les personnes plus âgées.
Dans Nutrients, juillet 2019

Plus de CO2 dans l’air…

…moins de nutriments dans les céréales.

La concentration en dioxyde de carbone dans l’atmosphère ne va pas seulement affecter le changement climatique d’ici 2050. Il aura aussi un impact sur la concentration en nutriments de nos plantes nourricières. Les scientifiques s’attendent ainsi à une baisse des apports en protéines végétales de 19,5%, de fer de 14,4% et zinc de 14,6% par personne. Les plantes les plus impactées sont le blé, le riz, le sorgho, le soja, la pomme de terre et l’orge. Les pays qui seront les premiers touchés : l’Asie du Sud-Est, le Moyen-Orient et l’ancien bloc de l’Est. On ne s’attendait pas à ça. Une nouvelle raison de se battre pour la préservation du climat.
dans The Lancet Planetary Health, july 01/2019

De l’extrait de pin pour stabiliser la prostate

Une étude scientifique a démontré que l’extrait naturel d’écorce de pin des Landes (pycnogénol) améliore les symptômes liés à l’hypertrophie bénigne de la prostate. Pour arriver à ce résultat, 75 patients ont été supplémentés avec cet extrait pendant huit semaines.
La moitié d’entre eux a pu observer une amélioration significative du volume résiduel de la vessie. Ils ont également constaté une réduction de la fréquence de leur miction, une amélioration de leurs troubles urinaires et une réduction de la fréquence des levers nocturnes pour aller aux toilettes. Ces résultats sont encourageants, alors que 90% de la population masculine de plus de 80 ans souffre de ces désagréments.
Minerva Medica, Août 2018

Une plante congolaise contre le cancer du pancréas

Des chercheurs américains ont passé au crible une liane forestière du Congo, Ancistrocladus likoko. Leur étude, publiée dans le « Journal of Natural Products » a montré l’efficacité de l’un de ses composés pour inhiber le mécanisme d’action des cellules cancéreuses du pancréas. En effet, en testant les différentes molécules de la plante sur ces cellules cancéreuses, les scientifiques ont découvert que l’un d’eux avait un effet destructeur. Mieux encore, ce composé, nommé ancistrolikokine E3 bloquerait aussi le système de propagation des métastases. Une découverte d »autant plus prometteuse que la puissance meurtrière de ce cancer est liée à l’efficacité du mécanisme de survie des cellules cancéreuses, qui épuisent le corps de toutes ses ressources en nutriments.
Près de 400000 personnes sont touchées par cette maladie chaque année, dans le monde.
Journal of Natural Products, octobre 2018

De l’importance des amygdales

Pour la première fois, des chercheurs se sont intéressés aux conséquences à long terme de l’ablation des amygdales, organes impliqués dans les défenses immunitaires.
Les résultats de leurs travaux sont alarmants: l’exérèse des végétations est associée à un risque d’affections respiratoires multiplié par presque 3, comparé au aux observé dans la population n’ayant subi ce type d’intervention. Asthme, grippe, pneumonie et bronchopathie chronique obstructive (BPCO) sont concernés. L’amygdalectomie, quant à elle, est reliée à un risque multiplié par facteur voisin de 2 pour ce qui est des pathologies respiratoires citées et de la conjonctivite. Quant risque d’otite moyenne, il est multiplié par 4 à 5 !
S. G. Byars, S. C. Stearns et J. J. Boomsma, dans Jama Otolaryngology Head and Neck Surgery, juin 2018.

Antibio et calculs, un lien certain !

Au cours des trois dernières décennies, le nombre de cas de calculs rénaux a augmenté d’environ 70%.
Une relation avec la prise antérieure d’un antibiotique ayant été avancée, une étude a été menée en ce sens, portant sur près de 26000 patients atteints de ce type de calculs et près de 260000 sujets témoins. Non seulement le lien a été confirmé, mais une variation considérable du risque a aussi été établie selon la classe d’antibio.
Ainsi, dans les 3 à 12 mois après un traitement par sulfamides, il est multiplié par 2,33 comparativement à la population témoin. La sélection de souches bactériennes multirésistantes opérée par l’antibiotique au sein de la flore microbienne urinaire serait une explication.
G. E. Tasian, T. Jemielita, D. S. Glodfarb, et col. dans Journal of the American Society of Nephrology, juin 2018.

L’autoguérison intestinale

Une étude israélienne menée sur des souris, a mis en évidence une autoguérison des cellules intestinales par une molécule naturellement présente dans l’organisme, l’oxyde nitrique, qui devient néfaste lorsque son action n’est pas restreinte à l’intestin. Pour éviter cet effet, un duo de compléments en fisétine et citrulline, molécules présentes dans de nombreux fruits et légumes, a été administré aux souris. Favorisant l’augmentation de la production d’argininosuccinate lyase, enzyme à l’origine de l’oxyde nitrique, cette approche a permis une nette amélioration de l’état inflammatoire ainsi qu’une diminution des tumeurs cancéreuses. Une découverte prometteuse pour les personnes souffrant de maladies chroniques de l’intestin.
N. Stettner, Ch. Rosen, B. Bernstein et col., dans Cell Reports, mais 2018